Betty Goodwin

About the Artist

Née à Montréal en 1923, Betty Goodwin figure parmi les plus éminents artistes au Canada. Sa carrière a débuté tout doucement; elle n’a pas apprécié ses premières années d’école et a donc évité toute formation institutionnelle, sauf pour quelques classes en sérigraphie d’Yves Gaucher à Sir George Williams University (désormais Concordia) de 1967 à 1971.

Le critique John Bentley Mayes a résumé le début de la carrière de Goodwin de cette manière : «Pendant les vingt premières années de son mariage, Goodwin n’était qu’une ménagère et mère montréalaise parmi les autres et, comme beaucoup de ménagères dans quelque ville que ce soit, c’était une artiste amateur. Trad» (Mayes, 1993).

Goodwin a mis ses pinceaux de côté en 1968 pour se concentrer sur d’autres médias. Au début des années 1970, le dessin est devenu son activité de prédilection mais elle utilise la sculpture, la sérigraphie et d’autres médias pour informer et supplémenter sa pratique artistique. Christopher Hume a écrit à son sujet que le dessin «lui permet de créer un témoignage plus véridique de la lutte de l’artiste, avec tous ses faux départs, ses mauvais tournants et ses impasses» (Hume, 1998).

Quel que soit le média utilisé par cette artiste multidisciplinaire, ses expériences personnelles ont nourri le sentiment de perte qu’elle explore dans son oeuvre et qui en constitue le thème principal. Encore enfant, elle a perdu son père; plus tard, devenue parent, elle a perdu son fils unique. « Goodwin reflète l’image de la réalité que nous partageons avec elle, observe John Bentley Mayes, et elle partage avec tous. Au coeur de cette réalité et de l’art de Goodwin se trouvent la perte, la disparition, la désintégration des centres dont nous espérions passionnément qu’ils se maintiendraient. Trad» (Mayes, 1993).

Dans une entrevue de 1993 avec Mayes, Goodwin a élaboré sur ce qui la poussait à continuer sa pratique artistique : «La seule manière pour moi de faire face à ce qui se passe dans le monde est de le rendre présent dans mes dessins, ce qui n’est jamais suffisant. Cela ne changera jamais rien.» (Mayes, 1993) Deirdre Hanna explique les origines possibles de la compassion de Goodwin lorsqu’elle mentionne : «…en tant que juive qui a grandi alors que les troupes d’Hitler envahissaient l’Europe, Goodwin a toujours une grande empathie pour ceux qui ont vécu des holocaustes de par le monde. Trad.» (Hanna, 1998)

La persévérance et la détermination de Goodwin lui ont obtenu de nombreuses expositions et plusieurs prix. Voici quelques-uns des événements qui ont marqué sa carrière : en 1976, sa première exposition est offerte au Musée d'art contemporain de Montréal. Elle a représenté le Canada à la Bienniale internationale de Sao Paulo, et son oeuvre faisait partie de la section internationale de la Biennale de Venise (Italie) en 1995. En 1996 et en 2002, le Musée des beaux-arts du Canada lui consacrait une exposition solo. Les prix les plus remarquables obtenus sont le Prix Paul-Émile Borduas (1986), le prix Gershon- Iskowitz (1995) et le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques (2003).


Canadian Heritage University of Regina Mackenzie Art Gallery Mendel Art Gallery Sask Learning