Gordon Rayner

About the Artist
« Qu’est-ce qui est important, à part le risque? Rien. Il faut oser, avec tout son savoir et son intelligence; ensuite vient l’aventure. » - Gordon Rayner, 1994

Né à Toronto (Ontario) en 1935, Gordon Rayner est réputé pour ses œuvres innovatrices et souvent humoristiques. À ses débuts, il est dessinateur publicitaire. Son but est d’imiter le célèbre Norman Rockwell, dont les tableaux et les dessins iconiques d’une vie familiale saine en sont devenus des représentations nostalgiques de l’Americana.

Rayner acquiert ses premières notions d’art de sa famille. En effet, son père étant un dessinateur publicitaire, il y avait toujours chez eux ce qu’il fallait pour dessiner. Son grand-père était aussi artiste et son arrière-grand-père anglais, un paysagiste dans le style du grand peintre J. M. W. Turner. Rayner se rappelle, qu’enfant, il était entouré d’œuvres d’art. Pour le punir, on ne lui disait pas d’aller dans sa chambre mais d’aller peindre quelque chose!

Rayner a des difficultés scolaires après le divorce de ses parents mais réussit son cours de beaux-arts au Northern Vocational Collegiate à Sarnia (Ontario). Ne se plaisant pas chez sa mère et son beau-père, il part vivre chez son père et commence à se former aux techniques du dessin publicitaire dans le studio de ce dernier à Toronto.

Rayner dira plus tard que c’est grâce au dessin publicitaire qu’il a appris la maîtrise et la discipline et que ce médium a joué un rôle important dans sa formation. Il commence à peindre à plein temps dans les années 1950. Il a une approche expérimentale et exploratoire des sujets, des techniques et des matériaux. Ouvert à toutes les nouvelles influences, il touche presque à tous les mouvements artistiques nord-américains, explore leur potentiel et les adapte à ses propres perceptions.

Se penchant plus tard sur la carrière de Rayner, son ami et collègue, le peintre  Dennis Burton dira de sa méthode « qu’il remet en question toutes les méthodes conventionnelles de « jouer le jeu » quand il s’agit de peindre un tableau en trouvant une solution, le plus souvent, indépendante du problème, qui, par son introduction apparemment sans rapport avec le problème, crée un nouveau contexte, résoud le problème et en pose d’autres. » (Murray, 1979.)

Deux événements ont une influence majeure sur la voie artistique que Rayner choisit. L’un est la première exposition du Groupe des Onze (Painters Eleven) à l’Université de Toronto. Au début des années 1950, Rayner est alors apprenti dessinateur dans un atelier où travaille aussi Jack Bush, un membre du Groupe des Onze, qui deviendra un des plus importants peintres impressionistes abstraits du Canada. Rayner doit souvent rester tard au travail pour servir à boire à ce « … groupe étrange et grégaire qui se se rassemble dans le bureau de Jack Bush. » C’est lors de sessions comme celles-là que le Groupe des Onze finit par élaborer son manifeste en faveur de l’art abstrait, rejetant l’ordre établi qui repose sur l’art naturaliste.

Le deuxième se produit lorsque Rayner et quelques amis se rendent à Buffalo (New York) pour voir une exposition majeure d’œuvres expressionnistes à la Albright-Knox Art Gallery. Dans une déclaration que Rayner rédigera en 1978, il dira que « dans ses tableaux, le grand changement s’est opéré après cette visite à la galerie Albright-Knox. L’exposition du Groupe des Onze qui avait précédé avait commencé à altérer ma façon de travailler – j’avais délaissé le naturalisme en faveur de l’abstraction – et ce sont des expositions comme celle sur l’expressionnisme abstrait, des visites à New York et puis beaucoup d’étude en faisant des reproductions, qui ont renforcé ces idées. » (Rayner, 1978)

Pendant les années 1960, Rayner commence à passer du temps tous les étés dans une cabane isolée du district de Magnetawan, près de Parry Sound, dans le Nord de l’Ontario, C’est là qu’il recommence à se rappeler les promenades qu’il faisait, enfant, dans les bois des environs de Toronto et les livres d’aventures d’Ernest Thomson Seton, qu’on lui lisait.

En 1978,  en parlant de cette période, Rayner observe : «  Maintenant je fais deux sortes de tableaux. Dans les premiers, je représente des paysages urbains, qui sont plus cérébraux et ne sont pas influencés par l’environnement où je me trouve. En d’autres mots, je ne suis pas directement influencé par les ruelles du côté de Spadina Avenue et ce n’est pas cela que je dépeins. Mais quand je suis dans le Nord, ma palette change automatiquement, ma méthode aussi. Mon coup de pinceau et les couleurs sont affectés par l’environnement. J’ai commencé à peindre cette lumière particulière qui n’existe que dans le Nord de l’Ontario. » (Rayner, 1978)


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