Lawren Harris

About the Artist

Lawren Stewart Harris est né à Brantford (Ontario), en 1885. Sa famille était devenue riche grâce au commerce de la machinerie agricole. En 1891, l’entreprise familiale s’associe à la firme Massey afin de créer la très reconnue Massey-Harris. Le jeune Lawren Harris est ainsi libéré des soucis d’argent pour le reste de sa vie.

Harris apprend tôt la peinture, l’étudiant durant un séjour en Allemagne entre 1904 et 1907. Il passe ensuite un an et demi à voyager et travaille brièvement comme illustrateur de magazine à Toronto, peignant des scènes post-impressionistes des rues des quartiers les plus vieux et les plus démunis de la ville. Il continuera à peindre des scènes similaires jusque dans les années 1920.

En 1911, il rencontre J. E. H. MacDonald, dont les peintures de paysages laissentt chez lui une impression durable, et ils deviennent amis. En 1913, ils assistent à une exposition de peintures modernes scandinaves à Buffalo (New York), qui les convainc de leur mission. «C’était un art audacieux, vigoureux, et sans compromis, incarnant une expérience directe du grand Nord» (Newlands, 2000).

Harris, tourné vers le spirituel, influencé par sa lecture de Du Spirituel dans l’Art, de Wassily Kandinsky, et par son intérêt pour la théosophie, cherche le paysage qui exprimerait le mieux ses croyances spirituelles. Impressionné par l’esprit de la «Norditude» présent dans les peintures scandinaves, Harris tourne son attention vers les paysages accidentés du nord de l’Ontario. En 1918, il se rend dans la région de l’Algoma au nord de Sault Ste. Marie, équipant un wagon de chemin de fer pour en faire son logement que le Algoma Central Railway accepte gracieusement de déplacer d’un lieu spectaculaire à un autre au cours de l’été. L’été suivant, les peintres qui formeront le Groupe des Sept passent l’été à peindre des scènes le long du chemin de fer.

En 1921, Harris découvre la rive nord du lac Supérieur lors d’un voyage avec A. Y. Jackson. Dans ce paysage simple, dénudé, Harris «réalisa rapidement qu’il avait trouvé un sujet en or pour sa peinture» (Murray, 2003).

Harris explore les Rocheuses en 1924 et y retourna pour y effectuer des randonnées et pour peindre dans les montagnes durant les quatre étés qui suivront. Harris étudie la littérature transcendentale et la théosophie, et la rive nord du lac Supérieur et les Rocheuses conviennent à son désir de combiner le monde naturel et le spirituel dans sa peinture.

En 1934, à 49 ans, Harris se ré-invente comme peintre, se tournant vers la peinture abstraite afin de se débattre avec l’idée de la spiritualité qu’il essaie de rendre sur la toile. Il vit pendant quelques années au New Hampshire, puis au Nouveau-Mexique avant de s’installer pour de bon, en 1940, à Vancouver (Colombie-Britannique), où il devint un chef de file dans la communauté artistique. Lawren Harris sera toujours associé au Groupe des Sept, un important groupe formé en 1920, qui s’était rebellé contre les idées coloniales que l’art était importé au Canada depuis la Grande-Bretagne et le reste de l’Europe. Le groupe des Sept préconisait un style artistique «canadien». A. Y. Jackson a déjà dit que sans Harris, il n’y aurait pas de groupe des Sept : «Il y apportait le stimulus; c’était toujours lui qui nous encourageait à prendre la voie la plus osée, à découvrir de nouveaux chemins» (cité dans Murray, 2003).

Avant la naissance du Groupe des Sept, Harris a été un membre fondateur du Canadian Group of Painters. Il a également été membre fondateur de la Fédération des artistes canadiens, de même que du groupe de Peinture transcendentale, aux États-Unis. Il devient compagnon de l’Ordre du Canada en 1969 et décède un an plus tard à Vancouver, à 85 ans.


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