Liz Magor

About the Artist

« La création fait partie de la structure et la structure mène à la signification. Il y a une sorte d’intelligence dans les matériaux et une intelligence dans la méthodologie que je dois respecter… Je ne travaille  pas autant en vue de la signification que j’observe les structures qui existent, soit physiquement avec les objets, ou non physiquement, entre les gens. Et je vois une corrélation entre ces choses. (Trad. libre) » --Liz Magor

Liz Magor naît en 1948 à Winnipeg (Manitoba) . Elle déménage en Colombie-Britannique avec sa famille. C’est là qu’elle passera sa jeunesse et commencera à étudier les beaux-arts. Elle fréquente l’University of British Columbia, la Parson’s School of Design de New York et finit sa formation artistique à la Vancouver School of Art.

Depuis, Magor est devenue une sculpteure de réputation nationale et internationale. Elle a représenté le Canada à plusieurs festivals, notamment à la Biennale de Venise (Italie) en 1984 ( The Venice Biennale ) et à Documenta VIII (Allemagne) en 1987. Tout en poursuivant sa carrière de sculpteure et de photographe, elle a aussi enseigné dans plusieurs universités et collèges canadiens, allant du Nova Scotia College of Art and Design à la University of Victoria.

Les œuvres récentes de Magor ont leurs racines dans ses débuts artistiques. Pendant les années 1970, elle s’intéresse à l’utilisation de l’espace et des matériaux. Si ce sont sans doute les deux composantes de toute sculpture, l’intérêt de Magor repose plus dans l’idée de transformation  plutôt que de solidité. Ses Bird Nest Kits de 1975, par exemple, et sa série inspirée par l’idée de « multiples naturels » sont créés à l’aide des matériaux organiques qu’elle a trouvés. Son usage continu de substances naturelles aboutira à la création d’œuvres comme Stores (présenté ici), un mélange de matériaux organiques naturels et de matériaux fabriqués/synthétiques. Ces œuvres multimédia soulignent le concept de transformation essentiel à sa pratique artistique, car si les matériaux naturels se détériorent ou pourrissent avec le temps et doivent être remplacés, ce n’est pas le cas pour les matériaux synthétiques. En tant que tels, on peut remettre en question la réalité de ces éléments synthétiques.

Magor s’intéresse aussi à la manière dont on perçoit la réalité. Elle recrée  des objets dans certaines de ses œuvres (par exemple, le mur dans Stores) alors que dans d’autres œuvres, elle emploie les objets eux-mêmes. Pas surprenant alors que le visiteur qui découvre son œuvre passe un moment à se demander si la pomme de terre qu’il voit est « vraie » ou non.  Cela pousse Magor à remarquer qu’en tant qu’êtres humains « nous acceptons l’artificiel pour satisfaire notre désir d’[authentique]. »

En d’autres termes, si on a très soif de vérité, on est prêt à croire n’importe quoi.  


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