Le conflit en images

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Série des Imperfections
description

… les pièces aux meurtrissures créent une dynamique qui se situe quelque part entre le sujet et la technique. En prenant l’idée de la temporalité de l’existence à travers la meurtrissure comme point de départ, ces pièces mettent à jour ce qui se passe sous la surface par la superposition de couches de couleurs translucides.  Ainsi, de petites pièces carrées de meurtrissures dévoilent les imperfections de la mémoire et les résidus de la reconstruction. Je cherche à créer une rencontre à la fois abstraite et réelle, concrète dans sa forme et humaine dans sa nature.

-    Tammi Campbell, extrait d’un énoncé de l’artiste au sujet de la Série des Imperfections.

La Série des Imperfections de Tammi Campbell est une suite de peintures de meurtrissures. Son énoncé ne nous dit pas si ces meurtrissures sont les siennes ou pas, si elles sont réelles ou imaginées. De plus, rien ne nous dit clairement si ces meurtrissures ont été faites volontairement ou accidentellement, par maladresse ou par malice.

La cause des meurtrissures n’a peut-être rien à voir avec les œuvres. Comme Campbell le fait remarquer dans son énoncé, elle s’intéresse surtout à la mémoire, plus particulièrement la mémoire du corps humain. Dans cette série, Campbell explore la signification du corps vulnérable et susceptible aux blessures, mais un corps qui ultimement se guérit lui-même… après tout, ce ne sont pas des cicatrices qu’elle peint.

Memento MoriÀ un autre niveau, ces œuvres ont comme sujet la peinture et son objectif traditionnel. Avant l’avènement de la photographie, la peinture était la façon la plus efficace d’arrêter le temps en une image, de représenter les choses sans l’effet du temps. On ne voit ni décrépitude ni pourriture mais ni guérison ou rétablissement non plus . La tradition du mémento mori dans la peinture comprend la création de natures mortes qui représentent des fruits à divers stades de décomposition, des insectes qui attaquent la viande laissée sur une table et autres images semblables.  Son intention est de nous rappeler notre mortalité. C’est aussi ce que fait Campbell quoique de façon plus directe. De plus, elle nous fait remarquer que le tableau, créé pour nous montrer l’impermanence, devient un substitut plus permanent aux fruits pourris depuis longtemps, à la viande avariée et aux insectes morts.

Phillipe de Champaigne, Nature morte au crâne, tableau de type vanité

additional resources Matière à réflexion
  • De quelle façon cette peinture est-elle liée à la mémoire?
  • Est-ce que Campbell commente l’histoire de l’art? Qu’est-ce qui nous fait penser que c’est le cas?
  • La meurtrissure est-elle une métaphore pour autre chose? L’emploi de la peinture aussi?
  • Si vous ne saviez qu’il s’agit d’une peinture d’une meurtrissure, qu’est-ce que le titre Série des Imperfections  pourrait vous suggérer? Est-elle semblable à d’autres œuvres sur le site ARTSask ou à d’autres peintures que vous avez vues ailleurs?
  • Les meurtrissures sont souvent floues et délavées. Se pourrait-il que l’artiste ait rendu les images encore plus floues délibérément (en omettant des détails comme les pores de la peau) ? Si oui, pourquoi l’aurait-elle fait?
Références

Garneau, David. Moving Beyond Words. Article de catalogue pour la biennale SCAM (Small Cities Art Museums), 2004.

Canadian Heritage University of Regina Mackenzie Art Gallery Mendel Art Gallery Sask Learning